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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 22:37

Nous vous proposons comme annonçé la première partie de Lumen Fidei du pape François. 

Chapitre premier : NOUS AVONS CRU EN L’AMOUR (1 Jn 4,16)

Dans ce premier chapitre, le Pape relève les caractéristiques de la foi. Il distingue d’une part, la foi d’Abraham, et d’autre part, l’histoire du ‘’fils premier né’’ de Dieu. Cette foi, qui s’est pleinement réalisée dans la Christ, sauve celui qui croit en Lui. La manifestation la plus crédible de cette foi, se déploie sous sa forme ecclésiale. Bonne lecture.

I. Abraham, notre père dans la foi

Comprendre ou essayer de comprendre la foi, revient à raconter son parcours sur la route des croyants et à en dégager certains de ses traits caractéristiques. Le premier des croyants est sans nul doute Abraham, « notre père dans la foi » à qui Dieu « adresse la parole » et « se révèle comme un Dieu qui parle et qui l’appelle par son nom » . En ce sens, la foi revêt un caractère personnel. En effet, Abraham ne voit pas Dieu. Il entend simplement sa voix et lui répond. C’est donc « la réponse à une Parole qui interpelle personnellement, à un Toi qui nous appelle par notre nom » . Dans le cas d’Abraham, la parole à lui adressée par Dieu s’entend à la fois comme un appel et une promesse : appel et invitation à s’ouvrir à une vie nouvelle, promesse d’une descendance nombreuse, d’un grand peuple dont il sera le père (Gn 13, 16 ; 15, 5 ; 22, 17). Ici, la foi est étroitement liée à l’avenir, à l’espérance. En faisant confiance à cette parole, Abraham a pu rester fidèle à la foi. Saint Augustin, dans le commentaire qu’il fera du psaume 32, mettra en exergue cette dimension en affirmant que l’homme est fidèle quand il croit aux promesses que Dieu lui fait ; Dieu est fidèle quand il donne à l’homme ce qu’il lui a promis. C’est en ce sens que la foi est capable d’ouvrir vers l’avenir et se comprend en tant que mémoire de l’avenir ‘’memoria futuri’’, et étroitement lié à l’espérance. En somme, « le Dieu qui appelle Abraham est le Dieu créateur, celui qui ‘’appelle le néant à l’existence’’ un Dieu qui est l’origine de tout et qui soutient tout» et qui fait d’Israël l’objet de son amour et de sa sollicitude.

II. La foi d’Israël

Dans le sillage de la foi d’Abraham, se prolonge l’histoire du peuple d’Israël. Ici aussi, la foi nait d’un don originaire. La confession de la foi d’Israël se développe comme un récit des bienfaits de Dieu, son action pour le guider et le libérer. Mais, l’histoire de la foi du peuple élu de Dieu conserve ses spécificités. D’abord, Israël succombera plusieurs fois à la tentation de l’incrédulité. Celle-ci se traduit par l’adoration d’autres dieux : c’est l’idolâtrie, qui apparait ici comme l’opposé de la foi. Au lieu de la foi en Dieu, Israël a préféré adorer l’idole. C’est en ce sens que « l’idolâtrie est toujours un polythéisme, un mouvement sans but qui va d’un seigneur à un autre » . Ensuite et fort heureusement, Israël décide de se convertir : la foi est l’opposée de l’idolâtrie. Elle est donc « une rupture avec les idoles pour revenir au Dieu vivant, au moyen d’une rencontre personnelle ». Croire, c’est expérimenter « l’amour miséricordieux qui accueille toujours et pardonne » . Enfin, la foi d’Israël est fortement liée à Moise, médiateur entre YHWH et le peuple, qui ne peut le voir. A travers la figure du médiateur, l’acte de foi de chaque membre s’insère dans celui de toute la communauté, dans le ‘’nous’’ commun du peuple qui, dans la foi, est comme un seul homme. La médiation n’est plus un obstacle, mais une ouverture, cette capacité à participer à la vision de l’autre et à vivre la foi dans sa complétude.

III. La plénitude de la foi chrétienne

La foi chrétienne est centrée sur le Christ. Elle confesse clairement que Jésus est le Seigneur et que Dieu l’a ressuscité des morts. Désormais donc, la vie de Jésus apparait comme « le lieu d’intervention définitive, la manifestation suprême » de son amour. La foi chrétienne est donc foi dans le plein amour, dans son pouvoir efficace, dans sa capacité de transformer le monde car « l’histoire de Jésus est la pleine manifestation de la fiabilité de Dieu » . Premièrement, cette fiabilité de l’amour du Christ réside « dans sa mort pour l’homme » . Ici, le regard de foi culmine à l’heure de la Croix, heure en laquelle resplendissent la grandeur et l’ampleur de l’amour divin. Mieux encore, la foi se renforce et reçoit une lumière éclatante dans la contemplation de la mort de Jésus. C’est une foi inébranlable, capable d’entrer dans la mort pour nous sauver . Deuxièmement, et plus encore que sa mort, c’est « à la lumière de sa résurrection que le Christ dévoile la fiabilité totale de l’amour de Dieu » . En tant que ressuscité, le Christ est témoin fiable, digne de foi, appui solide de notre foi. Saint Paul affirmera d’ailleurs que « Si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est notre foi » (1Co 15, 17). Troisièmement, et dans la foi enfin, le Christ est « celui auquel nous nous unissons pour pouvoir croire » . En d’autres termes, la foi regarde non seulement Jésus, mais aussi du point de vue de Jésus, avec ses yeux » . La vie du Christ ouvre un nouvel espace à l’expérience humaine. La vie du Christ, sa façon de connaitre le Père, de vivre totalement en relation avec lui, ouvre un nouvel espace à l’expérience humaine par laquelle nous pouvons passer. Bref, la foi chrétienne est foi en l’Incarnation du Verbe et en sa Résurrection dans la chair, foi en Dieu qui s’est fait si proche de nous pour nous sauver.

IV. Le salut par la foi

Le salut par la foi consiste « dans la reconnaissance du primat du don de Dieu » . La foi dans le Christ nous sauve parce que c’est en lui que la vie s’ouvre radicalement à un Amour qui nous précède et nous transforme de l’intérieur. La foi est ici comparable à un habitat du Christ. Se réfugier en lui est le commencement du salut. Ainsi donc, le croyant est transformé par l’Amour auquel il s’est ouvert dans la foi. Son existence se dilate au-delà de lui-même. C’est ce à quoi saint Paul nous exhorte : « Que le Christ habite en vos cœurs par la foi ! ». (Ep 3, 17). Celui qui croit devient ‘’fils dans le Fils’’ et, sauvé par Lui.

V. La forme ecclésiale de la foi

L’union vitale du Christ aux croyants et de tous les croyants entre eux, forme l’église, corps unique du Christ. Le chrétien se comprend alors lui-même dans ce corps, en relation originaire au Christ et aux frères dans la foi. Les chrétiens sont ‘’un’’, et dans le service des autres, chacun rejoint le plus profond de son être. Hors de ce corps, de cette unité, « la foi perd sa ‘’mesure’’, ne trouve plus son équilibre, l’espace nécessaire pour se mettre debout » . Autrement dit, la foi a une forme nécessairement ecclésiale, se confesse à l’intérieur du corps du Christ, comme communion concrète des croyants. Et c’est dans ce creuset que la foi ouvre chaque chrétien vers tous les hommes. Et l’Eglise constitue, selon Guardini, « la porteuse historique du regard plénier du Christ sur le monde» .

A suivre

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Published by Lazare GBENOU - dans écho de st Jean Eudes
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