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24 mars 2013 7 24 /03 /mars /2013 23:07

               FAIRE LE CHEMIN DE CROIX AVEC NOTRE PERE SAINT JEAN EUDES

                

Nous sommes rassemblés ce soir comme tous les autres vendredis de Carême pour marcher avec le Christ ployant sous sa croix, nous voulons même lui prendre sa croix. Ce chemin nous voulons le faire en communion d’intercession avec Saint Jean Eudes. L’amour de la Croix fait parti des quatre fondements qu’il a donnés à ses fils. Il affirmait par ailleurs « Qu'une des plus grandes faveurs que Notre Seigneur nous puisse faire en ce monde, c'est de nous envoyer quelque affliction, et de nous donner quelque part en sa croix. Car c'est nous faire boire dans sa coupe, c'est nous donner ce qu'il a le plus aimé en ce monde, sa croix étant le premier objet de son amour; après son Père éternel, puisque c'est par sa croix qu'il a détruit le péché qui est la source de tous les maux, et qu'il a fait tous les biens qui sont en la terre et au ciel. Enfin c'est nous donner ce qu'il a pris pour lui-même, ce qu'il a donné à la personne du monde qu'il aime le plus, c'est à dire à sa très digne Mère, et ce qu'il a donné à ses Apôtres et à ses plus grands amis. Tous ceux qui ont été agréables à Dieu, dit le Saint-Esprit, ont passé par plusieurs tribulations: Omnes qui placuerunt Deo, per multas tribulationes transierunt. Parce que vous étiez agréable à Dieu, dit l'ange Raphaël à Tobie, il était nécessaire que vous fussiez éprouvé dans l'affliction: Quia acceptus eras Deo, necesse fuit ut tentatio probaret te. »[1]

Ce soir nous voulons redire avec lui ces paroles fortes de Saint Paul : « Pour moi, que jamais je ne me glorifie sinon dans la Croix de notre Seigneur Jésus Christ, qui a fait du monde un crucifié pour moi et de moi un crucifié pour le monde ». (Ga 6, 14). Que le Seigneur soit notre force et notre soutien.

 

 

 

 

1ère STATION : JESUS EST CONDAMNE A MORT

 

21101911 q[1]

 

 

Les impies ne sont pas dans la vérité lorsqu’ils raisonnent ainsi en eux-mêmes :

« Tendons des pièges au juste, puisqu'il nous gêne et qu'il s'oppose à notre conduite, nous reproche nos fautes contre la Loi et nous accuse de fautes contre notre éducation.Il se flatte d'avoir la connaissance de Dieu et se nomme enfant du Seigneur.

Il est devenu un blâme pour nos pensées, sa vue même nous est à charge ;

car son genre de vie ne ressemble pas aux autres, et ses sentiers sont tout différents.

Il nous tient pour chose frelatée et s'écarte de nos chemins comme d'impuretés. Il proclame heureux le sort final des justes et il se vante d'avoir Dieu pour père.

Voyons si ses dires sont vrais, expérimentons ce qu'il en sera de sa fin.

Car si le juste est fils de Dieu, Il l'assistera et le délivrera des mains de ses adversaires.

Eprouvons-le par l'outrage et la torture afin de connaître sa douceur et de mettre à l'épreuve sa résignation.Condamnons-le à une mort honteuse, puisque, d'après ses dires, il sera visité. » (Cf. Sg 2, 1a-12-20.

Qui ne saurait voir dans ce texte écrit un siècle avant Jésus, une prophétie concernant sa mort ? Jésus vivant et marchant parmi les hommes était juste, il était fils de Dieu, il appelait Dieu son Père et ne comptait que sur lui. Mais le péché des hommes ne supportaient pas de voir le bien. Les impies se sont trouvés gênés au contact du Saint, les ténèbres se voyaient dispersées à l’approche de la lumière. Pour mettre fin à ce malaise général, il fallait supprimer l’élément pertubateur : Jésus de Nazareth doit mourir !

Adorons notre Seigneur Jésus Christ dans le mystère de sa condamnation à mort.

Remercions le d’entrer librement dans sa passion.

Demandons lui pardon pour toutes les fois où nous avons refusé de participer à ses souffrances et pour toutes les fois où nous avons condamné les autres en qui il vit et règne.

Donnons nous à lui pour qu’il fasse de nous des êtres courageux quand nous devons témoigner de lui devant les hommes.

 

JE CONFESSE A DIEU

 

 

 

 

2e STATION : JESUS EST CHARGE DE SA CROIX

 

21101912 q[1] 

Il importe infiniment de faire un saint usage des tribulations. Car premièrement, celui qui les porte chrétiennement rend une très grande gloire à Dieu, et la plus grande que l'homme lui puisse rendre en la terre, puisque le Fils de Dieu, qui est venu pour honorer son Père et pour réparer le déshonneur qui lui avait été rendu par le péché, n'a point connu ni choisi de moyens plus propres pour arriver à cette fin, que celui de la croix et des souffrances. Secondement, il acquiert des trésors de grâces pour la terre et de gloire pour le ciel, qui sont inestimables. Au contraire, celui qui ne les porte pas comme il faut prive Dieu de la gloire incomparable qu'il en aurait reçue à toute éternité, et fait une perte pour soi-même, qui est si grande que, s'il la connaissait, il ne pourrait jamais s'en consoler. [2]

Saint Jean Eudes trouvait que accepter les tribulations et toutes formes de souffrances, c’est accepter de se charger comme le Christ de sa croix. Lui-même n’a-t-il pas dit : celui qui veut devenir mon disciple, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive ? Les souffrances que j’endure au service, à la maison, en communauté, à l’école, sur la place publique sont des occasions pour moi de m’identifier au Christ souffrant. Acceptons-les pour ne pas perdre les grâces qui les accompagnent.

Adorons Dieu envoyant son Fils nous sauver avec puissance dans la faiblesse de notre chair et l’humilité de la croix.

Remercions le de faire triompher son amour, aujourd’hui encore, dans la faiblesse et l’humilité terrestres de son Eglise.

Demandons-lui pardon d’avoir douté de son amour à l’œuvre dans le monde, et de nous être découragés de nos insuffisances.

Donnons-nous à lui pour qu’il avive notre foi en la force de sa grâce, qui se déploie dans la faiblesse de ses serviteurs. [3]

 

ACTE DE CONTRITION

 

 

 

 

3e STATION : JESUS TOMBE SOUS LA CROIX

 

  21101913 q[1]

Il m'a emmuré et je ne puis sortir ; il a rendu lourdes mes chaînes.

Quand même je crie et j'appelle, il arrête ma prière.

Il a barré mes chemins avec des pierres de taille, obstrué mes sentiers.

Il est pour moi un ours aux aguets, un lion à l'affût.

Faisant dévier mes chemins, il m'a déchiré, il a fait de moi une horreur.

Il a bandé son arc et m'a visé comme une cible pour ses flèches.

Il a planté en mes reins, les flèches de son carquois.

Je suis devenu la risée de tout mon peuple, leur chanson tout le jour.

Il m'a saturé d'amertume, il m'a enivré d'absinthe.

Il a brisé mes dents avec du gravier, il m'a nourri de cendre. (Cf. Lm 3, 9-16).

Cette chute du Christ nous fait penser à nos propres chutes et à nos faiblesses. Comme lui, nous devons lutter pour continuer le chemin. C’est pourquoi Saint Jean Eudes nous conseille pour la fin de l’oraison (prière) de « Prévoir les fautes dans lesquelles on a coutume de tomber et les occasions qu'on en peut avoir ce jour là, et les vertus spéciales qu'on est obligé de pratiquer, afin de demander grâce à Dieu d'éviter l'un et d'embrasser l'autre; prévoir aussi les obligations de sa charge et de sa condition, quel mal on peut empêcher ce jour là, et quel bien on peut procurer pour la gloire de Dieu et pour le salut des âmes, afin de prendre résolution et d'aviser aux moyens de le faire, et demander grâce à Dieu pour cela ».[4]

Adorons notre Seigneur Jésus Christ celui par qui tout fut créé et qui s’écroule sous un instrument fait de main d’homme.

Rendons lui grâce de se relever pour boire jusqu’à la lie le calice que le Père lui a offert depuis l’agonie.

Demandons lui pardon pour toutes les fois où nous nous sommes complus à entretenir et à justifier nos péchés.

Donnons-nous à lui pour qu’il anéantisse tout sentiment de découragement et de volonté de jouissance.

 

 

 

 

 

4e STATION : JESUS RENCONTRE SA MERE

 

21101914 q[1] 

Syméon les bénit et dit à Marie, sa mère : « Vois ! cet enfant doit amener la chute et le relèvement d'un grand nombre en Israël ; il doit être un signe en butte à la contradiction, et toi-même, une épée te transpercera l'âme ! afin que se révèlent les pensées intimes de bien des cœurs ». (Cf. Lc 2, 34-35).

Le cœur de Jésus et de Marie sont si étroitement uni qu’il est  impossible de les séparer. Et nous ne devons pas séparer ce que Dieu a uni. Jésus et Marie sont si étroitement lié que qui voit Marie voit Jésus. Alors cette Mère en rencontrant son Fils sur le chemin de croix voit son propre cœur brisé et broyé. La souffrance de son Fils, elle le vit dans sa chair et dans son cœur de Mère.

O Jésus, vivant en Marie, viens et vis en tes serviteurs, dans la sainteté de ton Esprit, la plénitude de ta force, la perfection de tes voies, la vérité de tes vertus, la communion à tes mystères. Maîtrise en nous toute puissance ennemie en ton Esprit, à la gloire du Père. Amen !

 

JE VOUS SALUE MARIE…

 

 

 

5e STATION : SIMON PORTE LA CROIX DE JESUS

 

21101915 q[1] 

Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa Croix chaque jour, et qu’il me suive. (Cf. Lc 9, 23)

Ne devrions-nous pas mourir de confusion, à la vue de nos faiblesses et lâchetés ? Les moindres difficultés nous abattent, les plus petites peines nous découragent, les plus faibles tentations nous surmontent, des mouches nous sont des éléphants; nous nous attristons de ce qui devrait nous réjouir, nous tremblons où il n'y a aucun sujet de craindre ! Nous voulons bien jouir des avantages de la sainte Religion, mais nous n'en voulons point les croix; nous nous imaginons que la dévotion consiste dans une vie oisive et sans travail. Oh ! Que nous nous trompons lourdement ! Toute dévotion qui ne va point à renoncer à soi-même, à ses volontés età ses satisfactions propres, et à porter sa croix et suivre Jésus dans la voie par laquelle il a marché en cherchant les âmes égarées, n'est qu'une pure illusion et tromperie. [5]

Adorons notre Seigneur Jésus Christ qui donne à Simon et à nous tous ici présents de participer à sa Passion.

Rendons-lui grâce pour la force qu’il nous donne de porter nos Croix de chaque jour.

Demandons-lui pardon pour toutes les fois où nous avons voulu profiter des grâces de la Religion sans en vouloir les peines et les difficultés qui en résultent.

Donnons-nous à lui pour qu’il maîtrise en nous toute puissance ennemie à l’amour de la Croix.

 

KYRIE

 

6e STATION : LA SAINTE FACE DE JESUS

Le Seigneur Yahve m'a ouvert l'oreille, et moi je n'ai pas résisté, je ne me suis pas dérobé.J'ai tendu le dos à ceux qui me frappaient, et les joues à ceux qui m'arrachaient la barbe ; je n'ai pas soustrait ma face aux outrages et aux crachats.Le Seigneur Yahve va me venir en aide, c'est pourquoi je ne me suis pas laissé abattre, c'est pourquoi j'ai rendu mon visage dur comme la pierre, et je sais que je ne serai pas confondu. Cf. Is 53, 5-7.

Voici votre Roi chrétiens ! Un homme défiguré, défiguré par le sang mêlé de sueur et de saletés qui masquent son visage. Ce visage peut-il être objet de contemplation et d’adoration dans un tel état ? Nous avons souvent peurs de regarder le Christ souffrant, son visage nous inquiète et nous rappelle que nous devons passer par là. Et pourtant c’est en participant à ses souffrances, en acceptant de contempler cette face qui n’attire pas le regard de ceux qui ne comprennent pas que nous pouvons trouver la vie.

Adorons notre Seigneur Jésus Christ et contemplons son visage défiguré.

Rendons-lui grâce d’accepter de telles humiliations pour que nous soyons transfigurés.

Demandons-lui pardon pour toutes les fois où nous avons enlaidis les autres et pour toutes les fois où nous avons laissé le péché, nous revêtir d’un masque de laideur.

Donnons nous à lui afin qu’il nous rende la splendeur du jour de notre Baptême.

 

SEIGNEUR MONTRE NOUS TA FACE, ET NOUS SERONS SAUVES !

 

 

 

 

7e SATION : JESUS EXHORTE LES FEMMES DE JERUSALEM

 

 

  21102098 q[1]

Une grande masse du peuple le suivait, ainsi que des femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui.Mais, se retournant vers elles, Jésus dit : "Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ! pleurez plutôt sur vous-mêmes et sur vos enfants !

Car voici venir des jours où l'on dira : Heureuses les femmes stériles, les entrailles qui n'ont pas enfanté, et les seins qui n'ont pas nourri !

Alors on se mettra à dire aux montagnes : Tombez sur nous ! et aux collines : Couvrez-nous !

Car si l'on traite ainsi le bois vert, qu'adviendra-t-il du sec ?". Cf. Lc 19, 27-31.

Les femmes sont toujours là, sensibles dans leur cœur de femmes et compatissantes dans leur cœur de mère. Elles ne peuvent s’empêcher de pleurer le sort de ce juste, l’homme doux et humble de cœur. Elles suivent celui qui a ramené, qui leur fils, qui leur fille à la vie, celui qui les a guérit de leur maladie, celui qui leur a pardonné leur adultère et leur péché. Mais pour Jésus ce n’est pas sur lui qu’il faut pleurer mais plutôt sur elles mêmes. Quand nous pensons être compatissants envers Jésus, lui-même nous soulage en nous retournant vers notre propre misère. Il se fait toujours solidaire des hommes.

Profession d’humilité :

Seigneur Jésus Christ sans toi nous ne serions rien, sans force ni valeur nous n’aurions que le péché. Nous sommes serviteurs inutiles, né dans l’inimitié, dernier des hommes et premiers des pécheurs. Anous donc la honte et la confusion, à Toi tout honneur et toute gloire, pour les siècles des siècles.

Seigneur Jésus Christ, prend pitié de nous.

 

 

 

 

8e STATION : JESUS TOMBE UNE TROISIEME FOIS

 

21102100 q[1]

Ne savez vous pas que le grand chemin pour aller au ciel, c'est le chemin de la croix, et qu'il n'y en a point d'autre que celui-là, et que les véritables et solides vertus qui nous sont nécessaires pour être agréables à Dieu ne s'acquièrent que par beaucoup de peines, de sueurs, de mortifications et de violences qu'il faut faire sur nous-mêmes?

 Mais je vous dis qu'il est impossible que Notre Seigneur laisse tomber ceux qui, pour l'amour de lui, aident les autres à se relever. La pureté ne peut jamais se souiller, lorsqu'elle est avec la vraie charité, non plus que les rayons du soleil ne peuvent se salir dans la boue. Rejetez moi donc ces vaines craintes, et ayez confiance. Si vous vous défiez de vous-mêmes et que vous vous appuyiez en lui, il ne se retirera pas pour vous laisser tomber. [6]

Une première chute, une deuxième passe encore mais une troisième fois, c’en est trop. Notre Seigneur ne tient plus la route. Mais si notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ tombe sur le chemin, en se relevant, il prend conscience qu’il ne faudra laisser personne tomber, ni laisser quelqu’un trainer là où il est tombé. En éprouvant la fragilité humaine, il est prêt à nous aider quand nous chutons. Avec lui il n’y a pas de situation désespérée : mes détournements d’argent, mes infidélités à la chasteté, mes bassesses, mes meurtres, mon incrédulité, mon alcoolisme, mon dopage, ma paresse et mon avarice ne sont pas des situations irréversibles. Jésus me tend la main et m’invite à faire violence sur moi-même. Le reste il le fera pour moi.

Adorons et aimons notre Seigneur Jésus comme notre Rédempteur, qui nous a rachetés au prix de son Sang, et qui a tant souffert pour nous.

Rendons-lui en grâce.

Demandons lui pardon de lui avoir dérobé ce qui lui a coûté cher : notre vie, notre temps, nos activités pour les livrer à ses ennemis.

Donnons-nous à lui ; puisque tout notre être lui appartient à tant de titres, qu’il daigne mettre en œuvre sa puissance et sa bonté pour nous posséder pleinement, et pour disposer de nous selon ses desseins.

 

KYRIE

 

 

 

9e SATION : JESUS EST CLOUE SUR LA CROIX

 

  21102154 q[1]

Père, glorifie ton nom !" Du ciel vint alors une voix : "Je l'ai glorifié et de nouveau je le glorifierai."La foule qui se tenait là et qui avait entendu, disait qu'il y avait eu un coup de tonnerre ; d'autres disaient : "Un ange lui a parlé."Jésus reprit : "Ce n'est pas pour moi qu'il y a eu cette voix, mais pour vous.C'est maintenant le jugement de ce monde ; maintenant le Prince de ce monde va être jeté dehors ;et moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi." (Jn 12, 25-32).

Afin que vous ne pensiez pas ses paroles et ses promesses soient sans effet, voyez un peu ce qu'il a fait et souffert pour vous en son Incarnation, en sa vie, en sa passion, et en sa mort; et ce qu'il fait encore tous les jours dans le très saint Sacrement de l'Eucharistie; comme il est descendu du ciel en terre pour l'amour de vous; comme il s'est humilié et anéanti jusqu'à vouloir être enfant, naître dans une étable, s'assujettir à toutes les misères et nécessités d'une vie humaine, passible et mortelle; comme il a employé tout son temps, toutes ses pensées, paroles et actions pour vous; comme il a livré son très saint corps à Pilate, aux bourreaux et à la croix; comme il a mis sa vie, et répandu son sang jusqu'à la dernière goutte, comme il vous donne, et si souvent, par la sainte Eucharistie, son corps, son sang, son âme, sa divinité, tous ses trésors, tout ce qu'il est, et tout ce qu'il a de plus cher et de plus précieux.[7]

Adorons Jésus dans sa croix. Il est le souverain prêtre qui s’immole lui-même, et il est l’Hostie Sainte immolée pour la gloire de son Père et pour notre salut.

Remercions le d’être ainsi sacrifié lui-même, et de nous avoir communiqué par le Baptême et l’ordination cette double qualité de prêtre et d’hostie.

Demandons lui pardon de nous être mal acquittés des exigences de notre baptême, de nos voeux et de notre fonction sacerdotale.

Offrons nous à lui : qu’il daigne nous donner l’esprit de son sacerdoce, et nous rende plus digne de participer à son offrande ; qu’il nous entraine dans son sacrifice ; qu’il nous immole avec lui à la gloire de son Père et nous consume enfin du feu de son amour. [8]

 

JE CONFESSE A DIEU…

 

 

10e SATION : JESUS MEURT SUR LA CROIX

 

21102156 q[1] 

            Après quoi, sachant que désormais tout était achevé pour que l'Ecriture fût parfaitement accomplie, Jésus dit : "J'ai soif."Un vase était là, rempli de vinaigre. On mit autour d'une branche d'hysope une éponge imbibée de vinaigre et on l'approcha de sa bouche. Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : "C'est achevé" et, inclinant la tête, il remit l'esprit. (Jn 19, 28-30).

Méditation ou brève oraison dans un silence profond d’au moins 7mn.

Adorons Jésus dans son obéissance fidèle, prompte Et totale : il s’est fait obéissant jusqu’à la mort de la croix.

Remercions le d’avoir glorifié son Père par cette vertu.

Demandons lui pardon de nos fautes contre l’obéissance.

Donnons nous à lui pour entrer dans son esprit d’obéissance.

Supplions le d’anéantir notre propre volonté, et de faire vivre et régner en nous la Volonté de Dieu par une parfaite obéissance.

Implorons pour cela l’aide de la Mère de Dieu, des anges et des saints.[9]

 

 

11e STATION : LE CŒUR DE JESUS EST TRANSPERCE

Comme c'était la Préparation, les Juifs, pour éviter que les corps restent sur la croix durant le sabbat - car ce sabbat était un grand jour - , demandèrent à Pilate qu'on leur brisât les jambes et qu'on les enlevât.Les soldats vinrent donc et brisèrent les jambes du premier, puis de l'autre qui avait été crucifié avec lui.Venus à Jésus, quand ils virent qu’il était déjà mort, ils ne lui brisèrent pas les jambes, mais l'un des soldats, de sa lance, lui perça le côté et il sortit aussitôt du sang et de l'eau.(Cf. Jn 12, 30-34).

Nous avons trois Cœurs à adorer dans notre Sauveur, qui ne sont néanmoins qu'un seul Cœur par l'union très étroite qu'ils ont ensemble. Le premier, c'est son Cœur divin. Le second Cœur de Jésus, c'est son Cœur spirituel. Le troisième Cœur de Jésus est le très saint Cœur de son corps déifié, qui est une fournaise d'amour divin et d'un amour incomparable au regard de nous. Car ce Cœur sacré est uni hypostatiquement à la personne du Verbe, cœur que le Saint Esprit a bâti du sang virginal de la Vierge Marie et qui sur la Croix fut transpercé d’un coup de lance. [10]

   Oh ! Quels excès et quels transports de l'amour de Jésus pour des hommes aussi ingrats et infidèles que nous sommes ! O Jésus, mon amour, ou que je ne vive plus, ou que je vive seulement pour vous aimer, pour vous louer et pour vous glorifier incessamment; et que je meure plutôt de mille morts, que de rien faire volontairement qui vous déplaise ! Vous avez trois Cœurs qui ne sont qu'un même Cœur, lequel est tout employé à m'aimer continuellement. Oh! Que n'ai‑je tous les cœurs de l'univers, pour les consumer en votre saint amour !  [11]

JE CROIS EN DIEU…

 

12e SATION : JESUS EST DETACHE DE LA CROIX

 

21102159 q[1] 

Après ces événements, Joseph d'Arimathie, qui était disciple de Jésus, mais en secret par peur des Juifs, demanda à Pilate de pouvoir enlever le corps de Jésus. Pilate le permit. Ils vinrent donc et enlevèrent son corps. (Cf. Jn 19, 38).

Je vois une infinité de personnes crucifiées dans le monde, mais j'en vois peu qui soient crucifiées pour l'amour de Jésus. Plusieurs sont crucifiées par leur amour-propre et par l'amour désordonné du monde, mais heureux ceux qui sont crucifiés pour l'amour de Jésus; heureux ceux qui vivent et qui meurent en croix avec Jésus. Vous serez du nombre de ceux-là, si vous portez votre croix avec amour comme Jésus, l'acceptant, l'embrassant et la chérissant de tout votre cœur, en l'honneur et union du même amour avec lequel il l'a acceptée et portée pour vous.[12]

Profession d’humilité : Seigneur Jésus Christ sans toi …

 

 

 

 

 

 

13e STATION : JESUS EST REMIS A SA MERE

       Le cœur de la Bienheureuse Vierge Marie est le dépositaire et le fidèle gardien des mystères merveilleux de la vie de notre Sauveur. Marie conservait ces événements et les méditait dans son cœur (Lc 2, 19 et 51).

En cette même manière, elle les conservait dans son Cœur par le moyen de son Fils Jésus, dont elle était plus remplie, possédée et régie que de son propre esprit et de son propre Cœur, et qui éclairait son entendement d'une infinité de belles lumières, et imprimait dans son âme un très grand respect et vénération sur le sujet des mystères qui s'étaient passés en elle ou devant elle.[13]

La Sainte Mère de Dieu médite les événements dans son cœur. Elle reçoit son Fils dans ses bras, elle se fait écorcher par ses grosses épines qui sont sur sa tête. Elle voit l’ouverture du cœur de son Fils. Assurément, elle ne peut s’empêcher de pleurer, son Fils, son unique Fils. Dans nos situations de détresses, n’hésitons pas à méditer comme elle, et surtout n’hésitons pas à l’appeler au secours. Marie est celle qui comprend le mieux nos souffrances.

Nous te saluons Marie

Nous te saluons, Marie, Reine des Martyrs dont l’âme fut transpercée d’un glaive de douleur.

Nous saluons Marie, souveraine du monde à qui tout pouvoir fut remis au Ciel et sur la Terre.

Nous te saluons Marie, Reine de nos Cœurs, Mère bien aimée, notre vie, notre bonheur, notre espérance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

14e SATION : JESUS EST MIS AU TOMBEAU

 

21102161 q[1] 

Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte du fruit. (Jn 12, 24).

Brève oraison (prière) en silence !

 

CONCLUSION

Après l’attestation de sa mort par le cœur transpercé, il reste à descendre le Christ de la croix et de le mettre dans un tombeau situé dans un jardin. Nous voici dans une nouvelle genèse. La Vierge Marie donne le fruit béni de ses entrailles. Différent du fruit d’Eve, il fait entrer la vie dans le monde. Elle devient la nouvelle Eve, la véritable Mère des vivants. Avec elle nous attendrons les consolations que le Seigneur Jésus lui fera par les apparitions après sa Résurrection. En effet tout n’est pas fini. Le grain de blé tombé en terre en mourant donnera du fruit pour la vie éternelle.

Prions : Dieu de puissance et de miséricorde, détruis totalement en nous ce qui s’oppose à toi. Déploie ta force, et sois le maître de nos cœurs et de nos corps, pour y établir parfaitement le règne de ton amour.

Seigneur Jésus, par l’intercession de Saint Gabriel, de Saint Joseph, de Saint Jeanl’évangéliste, de Saint Jean Eudes notre Père et de tous les Saint, protège de tout mal cette famille qui est tienne ; elle se prosterne devant toi : contre les piège de l’ennemi, défends la dans ta bonté, Toi qui règne pour les siècles des siècles. Amen !



[1] Cf. Mémorial de la vie ecclésiastique, 3e partie, ch. 19.

[2] Idem, p. 100.

[3]Cf. Manuel de Prière, Vendredi V, milieu du Jour.

[4] Idem. 56

[5] Lettres, lettre aux sœurs de notre dame de Charité de Caen, p. 513.

[6] Lettres,Lettre aux Sœurs de Notre Dame de Charité de Caen, OC 10, 512-513.

[7] OC I, p. 240.

[8]Cf. Manuel de prière Vendredi III

 

[9]Cf. Manuel de prière, Vendredi IV

 

[10] Cœur Admirable, OC 8, p. 344-347.

[11] Ibidem

[12] Lettres, Lettre à Mme Dudos, OC 11, p. 33.

[13] Le cœur de la Très Sacré Mère, OC 8, 429-430.

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