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10 janvier 2014 5 10 /01 /janvier /2014 16:27

La vie consacrée dans son corrélat sociologique doit pousser à cultiver une véritable atmosphère de paix entre ses membres et entre les autres. C’est une exigence même de son identité propre. De ce fait, elle a pour mission de témoigner extérieurement de cette paix[1]. Dans les communautés religieuses, chaque membre a ce double devoir : cultiver La paix avec soi-même, et avec les autres. C’est bien à cette paix que le PAPE BENOIT XVI nous invite en ces termes « Selon les Saintes Écritures, la paix n’est pas seulement un pacte ou un traité qui favorise une vie tranquille, et sa définition ne peut être réduite à une simple absence de guerre. La paix signifie selon son étymologie hébraïque : être complet, être intact, achever une chose pour rétablir l’intégrité. Elle est l’état de l’homme qui vit en harmonie avec Dieu, avec lui-même, avec son prochain et avec la nature. Avant d’être extérieure, la paix est intérieure. Elle est bénédiction. Elle est le souhait d’une réalité. La paix est tellement désirable qu’elle est devenue une salutation au Moyen-Orient (Jn 20, 19 ; 1 P 5, 14). C’est vers cette paix authentique en Dieu que le Christ nous conduit. Il en est la seule porte (Jn 10, 9). C’est cette porte unique que les chrétiens désirent franchir[2]».

De ce fait, le consacré dans sa quête du divin se voit obligatoirement à la recherche de la paix intérieure, fondée dans nos cœurs par le Christ qui nous a réconcilié avec Dieu. PAUL VI affirmait déjà que « la paix commence au plus profond des cœurs[3]». Cette paix intérieure se bâtit autour des valeurs que sont l’amour, la fraternité, le partage, l’union etc. Ces valeurs fédératrices sont exprimées à travers le souci constant du consacré  à vivre en communauté, laquelle communauté favorisera la construction de la paix véritable, totale et définitive.

Toutefois, la construction de la paix est une œuvre constante. Elle peut courir quelques fois le risque de voir les fondements s’ébranler, mais ses artisans, s’ils sont déterminés, parviendront à la sauver. Lorsque nous prenons l’exemple de la Côte d’Ivoire, elle a connu certes des moments difficiles, mais des personnes engagées dans sa reconstruction, notamment les croyants de toutes les religions, et parmi eux les consacrés, doivent y prendre part de façon plus active. Car plus que jamais, la Côte d’Ivoire a besoin que tous s’élèvent au-dessus de leurs particularismes, balaient les préjugés qui les placent au-dessus de tout et parviennent à la conviction que tous sont enfants de Dieu. Ils sont des frères, chacun avec sa richesse et, tous, se complètent en quelque sorte, cultivant l’un envers l’autre l’amour, la fraternité, la tolérance, le pardon, la vérité, la justice et la solidarité.[4]

La splendeur de l’humanité est expérimentable pour tous. Il en va de même pour la garantie d’une paix solide, où personne ne doit accepter de voir la souffrance de l’autre justifiée par sa différence. L’autre prend sa source en Dieu. Reflet et expression de l’être trinitaire, son expression achevée est le Christ Jésus venu dans le monde de la part du Dieu Père, non pour être servi mais pour servir[5]. Ainsi, l’homme l’autre n’est plus ni un concurrent, ni un adversaire, ni un danger, mais une richesse, une grâce et une mission. Or aujourd’hui, l’homme d’un autre quartier, d’une autre famille, d’une autre ethnie ou tribu, d’un autre pays, d’un autre parti politique est parfois considéré comme un danger potentiel de qui il faut se méfier et qu’il faut au besoin éliminer. C’est la culture du soupçon, de la méfiance, de la sorcellerie. C’est à cette société de la méfiance vis-à-vis de l’autre que la foi chrétienne par le truchement du consacré propose de substituer une société de confiance qui inclut confiance en Dieu, confiance en l’autre. Croire en l’autre, c’est construire une véritable société de paix. C’est pour cela que le pape JEAN PAUL II affirmait ceci : « Pour dépasser les barrières de l’incommunicabilité, le chemin à parcourir est celui du pardon et de la réconciliation .Au nom du réalisme désenchanté, beaucoup qualifie ce chemin d’utopique et de naïf. Dans la vision chrétienne au contraire, ce chemin est le seul pour parvenir à la paix[6] ».

Ainsi, pourrions-nous être des instruments de paix partout où nous serons pour une Côte d’ Ivoire debout. Oui, une Côte d’Ivoire debout pour une Afrique debout. N’est-ce pas ce à quoi le PAPE BENOIT XVI nous invitait en disant: « lève-toi, Église en Afrique […] parce que le Père céleste t’appelle, Lui que tes ancêtres invoquaient comme Créateur, avant d’en connaître la proximité miséricordieuse, révélée dans son Fils unique, Jésus-Christ. Entreprends le chemin d’une nouvelle évangélisation avec le courage qui te vient de l’Esprit Saint[7]».

De plus, il faut savoir que la construction de toute  paix ne saurait être possible que dans le respect des commandements de Dieu. Tel est le message que nous véhicule le PAPE JEAN XXIII : « la paix sur la terre, objet du profond désir de l'humanité de tous les temps, ne peut se fonder ni s'affermir que dans le respect absolu de l'ordre établi par Dieu[8] ». La possibilité de la paix n’est réalisable que par nous avec la grâce de Dieu. En effet, la paix est un don confié aux hommes. Dieu est l’auteur de la paix. L’homme en est le gérant ou l’artisan. « Si la paix est un don de Dieu, l’homme n’est jamais dispensé de sa responsabilité de la rechercher et de s’efforcer de l’établir par des efforts personnels et communautaires, tout au long de l’histoire. Le don divin de la paix est donc toujours aussi une conquête et une réalisation humaine, parce qu’il est proposé à l’homme pour être accueilli librement et mise en œuvre progressivement par sa volonté créatrice[9]».

La paix, la véritable paix, se conçoit ensemble, main dans la main et non de manière individuelle. Car désormais, les initiatives individuelles ne suffisent plus. La situation présente du monde exige une action d’ensemble[10]. C’est à juste titre que nous parviendrons à instaurer et inculquer la paix dans notre monde d’aujourd’hui.« La Paix, il faut la vouloir. La Paix, il faut l’aimer. La Paix, il faut la réaliser.[11] » (Message de PAPE PAUL VI pour LA CELEBRATION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LA PAIX le 1er Janvier 1973). C’est pour nous un devoir, une urgence…un impératif.

 

 

 



[1] F. Brice BINI, Pauvreté, violence et vie religieuse en Afrique aujourd’hui, in «  La vie religieuse face aux défis de la pauvreté, l’injustice et la violence », p47-48

[2] BENOIT XVI, Ecclesio in medio oriente, n°9

[3]PAUL VI, Message pour la paix, 1970

[4]DJiguiba CISSE,la UMMA… et les autres…,D.C.A.O., n° 6 et 7 Juillet- Août 2003, p 53

[5]Mc 10,45

[6]JEAN PAUL II, Message pour la paix, 2011, n°21

[7] BENOIT XVI, Africae munus, n° 173

[8]JEAN XXIII, Pacem in terris, n°1

[9]In JEAN PAUL  II, Message pour la paix, 1982, n°5

[10]Lettre encyclique POPULORUM PROGRESSIO N° 13 de PAUL VI

 

[11]Message de PAPE PAUL VI pour LA CELEBRATION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LA PAIX le 1er Janvier 1973.

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Published by Adia Adia Constant
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commentaires

OUATTARA 10/01/2014 19:05

c'est bien ce que vous aviez écrire.

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