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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 23:24

« Chantez au Seigneur un chant nouveau, chantez au Seigneur, terre entière : La splendeur et l’éclat, la puissance et la beauté brillent dans son temple saint ! » C’est ainsi qu’est formulée l’antienne d’ouverture de demain ; antienne qui entend nous introduire dans une célébration liturgique riche en splendeur et en beauté. Et c’est « par la beauté de la liturgie que l’Eglise évangélise et s’évangélise elle-même[1] ».Mais cette sublime beauté ne nous renvoie t-elle pas à sa source originaire ? Mieux vaudrait dire aux diverses manifestations de la « Shekh’ina » de Dieu ? De la gloire de Yahvé ? De sa présence sanctificatrice dans son Temple ? Il est certain que la pédagogie de l’écrivain sacré n’ambitionne aucunement de nous faire expérimenter cette gloire au sens grec de doxa c’est-à-dire de célébrité, de ce qui fascine mais plutôt au sens de kabod, de poids, de pesanteur, de puissance. Une puissance qui sauve, qui libère, qui ouvre à un nouvel horizon, à une vie plus radieuse et qui imprime à notre marche un nouveau départ et une nouvelle cadence comme Isaïe nous le dira demain dans la première lecture : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur ceux qui habitaient le pays de l’ombre, une lumière a resplendi » Cette lumière, c’est le Seigneur, notre salut et notre espérance selon le psaume responsorial du jour. Ce psaume 26(27) qui convertit nos désirs vers les bontés du Seigneur, donne déjà le ton d’une harmonie de pensées et de sentiments à laquelle Paul nous invitera dans la deuxième lecture. L’occasion propice à une telle invitation  lui a été offerte par des querelles d’appartenance qui alourdissaient l’atmosphère de la communauté de Corinthe : nul n’est de Paul ni d’Apollos ni de Pierre ; nous appartenons tous au Christ car le Christ n’est pas divisé, il est notre « locus communis[2] » ; notre lieu commun. Lieu commun comme la référence de laquelle nous partons tous, la source commune à laquelle nous nous sommes tous abreuvés. Voilà ce que le Christ est pour nous.  Par ailleurs, à ce rappel capital, s’ajoutera dans l’Evangile  un appel fondamental, l’un des textes dans lesquels les exégètes s’accordent pour retrouver les ipsissima verba et facta Jesu. A partir de ce moment, écrit l’évangéliste saint Matthieu en son chapitre 4, Jésus se mit à proclamer :«metanoeite hggiken gar h basileia twn ouranwn  - Convertissez-vous, car  le Royaume des cieux s’approche». La proximité d’un tel royaume constitue pour les vivants une joie, et pour les tribus d’Israël, une consolation et une garantie. Nous le verrons dans la lecture du lundi, lorsque Israël cherchera à avoir un roi, afin de permettre à Dieu d’habiter en son milieu ; et à David son serviteur de le diriger de façon théonome, selon les préceptes divins. Par cet acte, le peuple élu affiche son désir de la théocratie, refusant ainsi déjà l’invitation que, plus de 25 siècles après, le jeune Nietzsche lancera à sa sœur Elisabeth en lui demandant de parcourir de « nouveaux chemins dans l’incertitude de l’avancée autonome[3] ». Ce qui est donc indispensable en tout temps et en tout lieu, c’est la référence à Dieu, la pleine intimité avec lui qui pousse à n’agir qu’en son nom. Mais malheureusement, ceci est diversement interprété. Nous n’avons pour preuve que les accusations des scribes à l’endroit de Jésus dans l’Evangile : «Ce Jésus est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons ». Pour Jésus, c’est un blasphème contre l’Esprit Saint, un péché qui en lui-même exclut et impossibilise sa propre rémission. C’est dire que sans le pardon de ce péché, nous sommes incapables de recouvrer la pleine amitié de Dieu. Et pourtant cette amitié est le seul gage de notre vie chrétienne, le seul qui selon le psaume du mardi, nous permet de laisser entrer dans nos cités le roi de gloire. C’est ce qu’expriment, dans la lecture du jour, David et tout le peuple d’Israël lorsqu’ils firent monter l’arche du Seigneur parmi danses et acclamations. N’est ce pas là l’attitude de ceux qui aiment Dieu et qui le glorifient ? Ceux qui appartiennent à son cercle et qui ne cherchent qu’à faire sa volonté ? Pour Jésus dans l’Evangile,  ceux-là sont sa mère et ses frères. Nous pouvons comprendre pourquoi le mercredi et le jeudi, David manifestera le désir de bâtir au Seigneur une maison digne de lui. L’Evangile quant à lui nous exposera respectivement la mystique du semeur et la parabole de la lampe sous le boisseau. Pour mémoire, rappelons que Jésus tire cette parabole du contexte des lois aporiques qui réglementaient la vie du roi pendant le sabbat. Le vendredi, ce sera l’épisode de Bethsabée, fille d’Eliam et femme d’Ourias le Hittite en lecture et, dans l’Evangile, la parabole de la graine de moutarde qui n’est rien d’autre que la parabole de la croissance du royaume. Nous achèverons samedi cette dernière semaine de Janvier avec le récit de la tempête apaisée et en lecture, David qui accueille les reproches du prophète Nathan et se répand en supplication.

 Cherchons Dieu.Ce thème nous est proposé pour pouvoir approfondir notre désir de Dieu au cours de cette semaine aux programmes inchangés; cherchons Dieu en tout, pour tout, toujours et partout ; cherchons-le avec ceux-là qui l’ayant cherché l’ont trouvé, et l’ayant trouvé, l’ont aimé, adoré et servi. Comptons le lundi sur ste Angèle de Mérici, le mardi sur le docteur angélique et le vendredi sur st Jean Bosco.

                                                                                          Agréable semaine à chacun et à tous.

 

 



[1] François, Evangelii gaudium, Abidjan, Paulines, 2013, n. 24.

[2] Nous empruntons cette expression à Mélanchton, théologien luthérien qui, l’utilise pour désigner les sources de la théologie. Plus tard, Melchior Cano, dominicain, parlera de « De locis theologicis » (lieux théologiques). En empruntant cette nouvelle voie, il a voulu multiplier ces sources non par souci de distinction mais par nécessité d’exploration.

[3] Brief an Elisabeth Nietzsche (11 Juin 1865), in : Werke en drei Bänden, München 1954, p. 953s.

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Published by Spérauld AGOSSOU
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